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LES OLIVIERS DE POMPIERRE

UNE BREVE HISTOIRE DU CHATEAU DE BRISON ST INNOCENT


Dominant de plus de 100 mètres le lac du Bourget, le Château de St-Innocent jouit du privilège remarquable d’être édifié au seul endroit où l’on puisse contempler le lac dans toute son étendue.
En face c’est la longue arête du Mont du Chat ; à droite, les montagnes du Bugey ; à gauche, celles de la Chartreuse. Dans ce décor d’une symétrie parfaite, le lac apparaît dans toute sa beauté sauvage.

Dans "La peau de chagrin", Balzac qui séjourna à Aix les Bains en 1832, a exprimé de façon saisissante l’émotion qui l’étreint au contraste des deux rives. Il dit, de toute évidence depuis la terrasse du château qui surplombe le village, avoir l’impression d’habiter la terre promise.

Au cours de ses randonnées, Lamartine, passant le Château de St-Innocent, décrit les lieux de façon si favorable qu’il se saurait être cité que pour mémoire.

L’agglomération du château comprend un vieux donjon, communément appelé la Tour, un corps de ferme et une maison d’habitation qui constitue le Château proprement dit.

Le corps de ferme mérite d’être cité car l’un des murs remonte à la haute antiquité. Fait de lits de pierres superposées, maçonné avec de la chaux pure, sans addition de sable, il paraît remonté à l’époque romaine dont des vestiges existent dans le village.

La Tour date de 1314 (datée récemment par dendrochronologie), en témoignent les petites ogives géminées des fenêtres de la façade principale. Elle aurait été surmontée d’un toit plat garni de créneaux qui, effondré au cours d’un orage, a été remplacé par un toit à arêtes. Sa pureté primitive inscrit néanmoins le site dans l’histoire. Les vastes pièces qui la composent témoignent des mœurs patriarcales des anciens seigneurs féodaux. Ceux-ci quittent la Tour pour le château actuel au XVIe siècle où quelques vestiges de la Renaissance subsistent encore construits sur d’anciens murs de l’époque féodale.

Les d’Orlyé furent jusqu’à la Révolution française les seigneurs du lieu. Au milieu du XVIIe siècle la terre fut érigée en baronnie et, quelques années plus tard, en marquisat.

Peu de temps après l’occupation française un mouvement insurrectionnel se produisit dans le village et un certain nombre d’habitants se portèrent vers le château, le marquis de St-Innocent estima alors prudent de s’en aller sans esprit de retour. Le mobilier fut vendu et la terre déclarée bien national.

Le domaine fut alors acheté par un chirurgien major nommé Moreau ; le petit neveu de celui-ci, Mr Gigot, héritier du lieu, vendit, en 1837 le château et les champs avoisinants au baron de Silans qui avait tenu au préalable, à demander l’assentiment du marquis de St Innocent.

Le milieu du XIXe siècle fut une époque de prospérité au cours de laquelle nombre de châtelains firent réparer leur habitation. Tel fut le cas du baron de Silans, ancien ingénieur de Ponts et Chaussées.

C’est ainsi qu’il acheva de moderniser le château qui ne présente pas de caractère architectural mais qui est une habitation spacieuse et des plus agréables. Il créa aussi un parc qui, si bien dessiné, apparaît grand alors qu’il est petit.

Le château de St Innocent appartient toujours aux descendants du baron de Silans, le comte de la Rupelle. C’est une fort belle demeure blottie au sein des épaisses frondaisons qui l’entourent de toutes parts et qui fait honneur à tous ceux qui ont contribué à l’édifier et à l’embellir.

 

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